Vision d’un reboiseur : au cœur d’un monde de contradictions

Il est 5 h 30 du matin. L’air est lourd d’humidité, saturé par la pluie qui a martelé la roulotte toute la nuit. Vous arrivez sur le terrain. Les sacs de plants sont lourds, trempés eux aussi. La brume se lève lentement sur la coupe à blanc. Pendant quelques secondes, vous pourriez presque vous imaginer assister à un lever de soleil paisible, dans une forêt boréale encore endormie… Bienvenue dans le quotidien d’un reboiseur.Ce métier est difficile à expliquer à quelqu’un qui ne l’a jamais pratiqué, probablement parce qu’il est rempli de contradictions. Nous travaillons dehors pour fuir, en quelque sorte, le monde intérieur des bureaux, mais nous sommes quand même soumis à des objectifs de production très précis. Nous plantons des arbres au nom de la forêt et de la planète, souvent dans des paysages qui viennent tout juste d’être récoltés. Nous parlons de protection de l’environnement, tout en participant à une industrie qui exploite la ressource forestière. Nous maudissons notre travail pendant certaines journées et, quelques heures plus tard, nous sommes fiers de ce que nous avons accompli, ou d’avoir croisé le chemin d’un orignal, d’un ours. C’est peut-être justement cette accumulation de contrastes qui rend le métier si particulier.

Auteurs
Organisations

Abonnez-vous pour accéder à tout notre contenu.

Nullam ut consectetur dolor. Sed sit amet iaculis nisi. Déjà abonné? Connectez-vous