Retourner vers les lieux qui nous inventent

Bonjour à tous, chers(chères) lecteur(-trice)s du Couvert Boréal! Je m’appelle Stacy-Ann Oliver et je suis une artiste d’origine jamésienne. J’ai migré en ville au début de ma vie d’adulte pour revenir à mes racines après presque 15 ans d’exode. Durant cette période, j’ai découvert un monde qui ne ralentit jamais. Portée par l’ivresse de la jeunesse et la découverte d’un monde nouveau extrêmement stimulant, je n’ai rien vu. J’ai perdu le luxe de laisser errer mes pensées dans le silence, de faire voguer mon imagination au gré de l’odeur des saisons qui changent, de me laisser simplement émerveiller par la Voie lactée. Venir de la Baie-James, c’est comme venir de l’imaginaire, d’un ailleurs duquel la majorité des gens ne peuvent que rêver, un monde où l’accès à la nature, au silence et à la solitude n’est pas un privilège. Depuis les années 1980, de plus en plus de chercheurs s’intéressent à l’impact de la nature ou, plutôt, à l’impact du manque de nature sur le bien-être humain. Dans cette ère moderne, rythmée par les « reels » et les notifications, quel est notre rapport au territoire? Est-il réduit à sa définition politique? Un espace sous une dominance quelconque, avec des limites claires? Pour moi, le territoire n’est pas seulement un lieu géographique, c’est un espace vécu et habité, un espace de mémoire, d’appartenance et d’imaginaire, un lieu d’intimité avec sa propre pensée. Et si le secret du bonheur résidait en partie dans ce lien que nous sommes en train de perdre avec le territoire?

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