Les maisons invisibles de la forêt boréale

À l’aube, un vieux bûcheron avance dans la forêt boréale, sa hache posée sur l’épaule. Depuis toujours, il voit les arbres comme on lui a appris à les voir : des troncs à mesurer, des volumes de bois à récolter, des tiges droites qui ont de la valeur et d’autres, tordues ou abîmées, considérées comme inintéressantes.Mais, ce matin-là, son regard s’arrête sur un vieux peuplier faux-tremble. Le tronc est creusé de cavités, une grosse branche morte pend encore à son sommet et l’écorce est fendue de fissures. À première vue, l’arbre semble malade, mourant, inutile. Pourtant, une sensation incite le bûcheron à s’approcher.En observant de plus près, il découvre que ses défauts apparents cachent toute une vie. Au fond d’une cavité se trouve un nid d’oiseau. Sous l’écorce décollée, des insectes se déplacent en silence. Une fissure retient un peu d’humidité, permettant à des bryophytes et à des champignons de s’y développer. Même la vieille branche morte devient refuge pour des coléoptères. Le bûcheron vient de rencontrer des dendromicrohabitats.

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