Transport forestier : une route parsemée d’embûches 

Transport forestier : une route parsemée d’embûches 

ROUYN-NORANDA, le 10 novembre 2020 – Près de 150 personnes ont pris part au 77e congrès annuel de l’Association forestière de l’Abitibi-Témiscamingue (AFAT) qui s’est déroulé vendredi dernier, le 6 novembre, dans une formule hybride inédite. Le transport forestier était le sujet vedette de la journée qui a permis à une cinquantaine de personnes du milieu forestier de se retrouver en salle, au Centre de congrès de l’Hôtel Le Noranda, à Rouyn-Noranda, alors que les autres étaient à distance devant l’écran de leur ordinateur. 

Il va sans dire que la tenue d’un congrès dans une telle formule représentait un défi de taille pour les organisateurs. « C’est la première fois en 77 ans que nous devions trouver une façon différente de réunir le milieu forestier. D’un congrès présenté entièrement en salle à un événement 100 % virtuel, il y en a eu des scénarios avant d’en arriver à cette formule hybride! Maintenant que tout cela est derrière nous, nous sommes fiers du résultat. C’était la solution parfaite dans les circonstances », mentionne Isabelle Boulianne, directrice générale de l’AFAT.

Rarement mis à l’avant-plan lorsqu’il est question du secteur forestier, le transport forestier a enfin eu droit à sa journée. Des conférences, un panel de discussion sur le business du transport forestier et une causerie avec des camionneurs et camionneuses ont permis de faire ressortir les principaux problèmes auxquels doit faire face cette industrie.

Que retient-on de cette journée?

Comme c’est le cas dans beaucoup de domaines, la question de l’argent figure très haut sur la liste des problématiques du milieu forestier. L’achat et l’entretien d’un camion représentent un investissement énorme. C’est sans compter les frais d’assurances élevés et les fortes amendes qui peuvent survenir dès le moindre non-respect des nombreuses règles entourant le transport.

En plus des dépenses, les journées sont longues. Très longues! Plusieurs chauffeurs sont à bout de souffle et doivent retarder leur retraite pour permettre au milieu qu’ils ont tant à cœur de poursuivre sa route. Le manque de relève est criant. De toute évidence, les jeunes ne se bousculent pas pour prendre le volant. Les femmes encore moins. Elles ne représentent que 4 % du personnel dans ce secteur. En fin de compte, c’est la passion de ceux et celles qui font ce métier qui permet à l’industrie de survivre. « Lorsqu’on entend parler les camionneurs et les camionneuses, on se rend vite compte que ce n’est pas un emploi pour n’importe qui. Ce sont des passionnés qui ont leur travail à cœur et qui ne voudraient en aucun temps occuper un autre emploi. Maintenant, il faut leur trouver de la relève », résume Isabelle Boulianne.

Des annonces importantes du ministre Dufour

Le 77e congrès annuel de l’AFAT a également été l’occasion d’entendre le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, annoncer les grandes lignes de sa révision ciblée du régime forestier implanté en 2013. Parmi les principaux objectifs de cette révision : offrir plus de prévisibilité aux entreprises, simplifier l’exécution des opérations, favoriser la récupération des bois lors de perturbations naturelles et produire un plus grand volume de bois.

L’AFAT donne maintenant rendez-vous au milieu forestier pour son 78e congrès annuel en novembre 2021. Bien sûr, seul l’avenir permettra de dire dans quelles circonstances se tiendra l’événement.